Selon la Haute Autorité de Santé « Chez les personnes âgées (65 ans et plus), les chutes sont fréquentes et à l’origine d’une morbidité et d’une mortalité importantes. La chute est un marqueur de fragilité et un facteur prédictif de dépendance et d’admission en institution. La chute peut être à l’origine d’une perte de confiance en soi ou d’une « peur de chuter » qui peut amener le sujet à limiter ses activités physiques du quotidien, ses déplacements et ses relations sociales. »
En France, comme dans l’Union européenne, une personne sur cinq a au moins 65 ans, reflétant un vieillissement démographique marqué (Bilan démographique 2024, Insee). Le plan anti chute porté par le Ministère de la Santé nous rappelle que « la population vieillit et le nombre de personnes de plus de 65 ans augmentera de 2,4 millions d’ici à 2030, il est urgent d’agir pour prévenir les chutes et diminuer leur gravité».
Les conséquences de ces chutes sont souvent physiques, psychologiques et sociales. Parfois, lors de la première chute ou à cause de la récidive de chutes les conséquences peuvent aller jusqu’au décès de la personne concernée.
L’analyse des risques de chute ainsi que l’appropriation des outils de prévention pour en limiter les risques permettent de s’engager vers une stratégie pour repérer les personnes à risques, limiter le nombre de chutes et en diminuer les conséquences :
Prévention des chutes
Évaluation du risque : Identifier les patients à risque (âge avancé, troubles de l’équilibre, traitement médicamenteux, troubles cognitifs…).
Mise en place de mesures adaptées : Barrières de lit, surveillance rapprochée, aide à la mobilisation, éclairage suffisant, adaptation de l’environnement (sol antidérapant, élimination des obstacles).
Formation du personnel : Sensibiliser aux risques et aux actions préventives.
Information du patient et des proches : Conseiller sur les risques et la nécessité de demander de l’aide.
Ne pas déplacer le patient si suspicion de fracture ou traumatisme grave.
Appeler rapidement un professionnel médical (infirmier, médecin).
Assurer la sécurité : éviter un second accident, calmer le patient.
Après la chute
Bilan clinique complet : examen médical, éventuellement imagerie (radiographie, scanner) selon la gravité.
Surveillance rapprochée : signes de complications (hémorragie, troubles neurologiques).
Déclaration de l’incident : enregistrement dans le dossier patient, rapport d’événement indésirable.
Analyse de la cause : identifier les facteurs ayant conduit à la chute (environnement, médicaments, état du patient).
Révision du plan de soins : adapter la prévention pour éviter une récidive.
Documentation et suivi
Traçabilité : consigner tous les détails de la chute, des soins prodigués et des observations.
Communication interprofessionnelle : informer l’équipe soignante pour ajuster la prise en charge.
Programme de prévention : intégrer les enseignements dans la politique de gestion des risques de l’établissement.
Synthèse des recommandations de la Haute Autorité de Santé générée avec l’appui de l’intelligence artificielle le 20/08/2025.
Objectif
Cette fiche thématique vous propose un éventail de recommandations et d’outils dans le but de vous permettre de poursuivre votre engagement sur la gestion des risques et les chutes au sein de vos établissements.
Public visé
Directeurs, Encadrement, Médicaux, Paramédicaux, Sociaux-Educatifs, Référents qualité-risques, Représentants des Usagers, Patients partenaires, Tout professionnel impliqué dans cette thématique
Modalités d'accès
Outils et références pour structurer votre projet de gestion des risques de chute :
Le MOOC Chute « éviter les chutes graves chez les personnes âgées » ARS ile de France est très complet pour vous accompagner dans cette démarche de sécurisation du risque de chute. Lien vers les outils : ICI
La gestion des risques de chutes peut se travailler en prévention ou a postériori d’une chute grave. La chambre des erreurs favorise la prise de conscience des équipes de soins et d’accompagnement de l’intérêt de se mobiliser pour la sécurité des patients/personnes accompagnées. Vous trouverez ci dessous les outils de la SRA PASQUAL pour vous accompagner à la mise en œuvre d’une chambre des erreurs. Et également ICI leur présentation de la matinée régionale sur la prévention des chutes en PACA.
Pour vous accompagner dans l’analyse des causes profondes de vos chutes, retrouvez nos fiches REX : « chute en EHPAD » et « chute de sons lit par dessus les barrières de lit » ICI. QualiREL Santé est aussi présent pour vous apporter son appui pour l’analyse de vos chutes graves. ICI
Documents à télécharger
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L’objectif initial de cette fonction était de répondre aux limites de l’organisation « en silo » de la gestion des différents domaines de risques associés aux soins qui prévalait jusqu’alors.
Plus de dix ans après la parution de cette circulaire, devant l’étendue des missions, le manque de ressources pour y faire face, la spécificité des compétences nécessaires, beaucoup de coordonnateurs de la gestion des risques associés aux soins, en place ou au moment de leur prise de poste, s’interrogent sur : quelle place à défendre ? comment faire pour tout faire ? quels outils existent déjà sur lesquels s’appuyer ? de quoi avons-nous besoin ?
Ces questions ont fait l’objet de discussions et de débats au sein de la Communauté de pratiques Management de la gestion des risques associés aux soins de la structure régionale d’appui à la qualité et la sécurité des soins des Pays de la Loire, QualiREL Santé. Ces questionnements sont d’ailleurs repris en novembre 2023 dans les actions de la feuille de route « Sécurité des patients et des résidents » publiée par la Direction Générale de l’Offre de Soins (3). L’axe 3 de cette feuille de route, Améliorer la capitalisation sur les retours d’expérience, comporte une action intitulée « clarifier le positionnement et les compétences attendues en matière de coordonnateurs de la gestion des risques associés aux soins ». Cet axe est coordonné par Catherine Pourin et Noémie Terrien (FORAP) pour le compte du Comité de Pilotage National de cette feuille de route.
Ce chapitre a pour objectif de fournir des points de repères pour :
les managers de haut niveau des établissements de santé, afin de les aider à prendre les meilleures décisions pour bien s’entourer et développer au mieux la démarche qualité et gestion des risques dans leur établissement,
les coordonnateurs de la gestion des risques associés aux soins (COGRAS), afin de les aider à appréhender le contexte de l’établissement lors de leur prise de poste, et de les aider à prendre et à assurer au mieux leurs fonctions.
Au sein de la COP, les principes suivants ont semblé incontournables à considérer pour assurer la coordination de la gestion des risques associés aux soins (GDRAS). Ils sont bien évidemment en étroite relation les uns et les autres :
Assurer un leadership médico-soignant,
Evoluer dans une dynamique d’équipe et de partage des compétences,
S’appuyer sur les structures et organisations existantes,
Avoir une position garantissant transversalité, indépendance et transparence.
Pour chacun de ces principes, les aspects à envisager, les besoins qui s’y rapportent, et les ressources sur lesquelles s’appuyer ont été discutés.
Assurer un leadership médico-soignant en sécurité des soins
Il est bien précisé dans les missions réglementaires (circulaire du 18/11/2011)(1) du coordonnateur de la gestion des risques associés aux soins que celui-ci apportait un appui stratégique au président de la CME, en matière d’amélioration continue de la qualité et de la sécurité des soins. Pour ce faire, il est important qu’il ait les clefs pour comprendre le système et la culture de sécurité des soins de l’établissement dans lequel il exerce. En la matière, toutes les ressources citées dans la partie précédente (Le leadership en sécurité des soins : Et vous, vous en êtes où ?) vont lui être utiles (Les principes de leadership en sécurité, l’essentiel de la culture sécurité, le référentiel de certification des établissements de santé) (4,5,6), ainsi que les guides et documents concernant la mesure et l’analyse des résultats des mesures de la culture de sécurité des soins.
Pour mieux assurer ce leadership médico soignant en sécurité des soins, la position dans la structure du coordonnateur est importante ainsi que son profil. Les profils médico-soignants ont l’avantage d’apporter la valeur ajoutée du regard médical et soignant. Mais surtout, le profil du coordonnateur doit lui permettre d’assoir sa légitimité. Avoir bénéficié d’une formation en gestion des risques peut contribuer à cette légitimité. Avoir des compétences techniques sur les méthodes et outils en gestion des risques associés aux soins, et des compétences non techniques relatives à la posture de leader et de facilitateur (être en capacité d’initier des projets, d’impulser sans faire à la place de…) peut également contribuer à assoir sa légitimité. Le guide EasyREX et les ateliers dispensés par QualiREL Santé sont un des moyens pour développer des compétences dans le domaine.
Afin d’apporter au mieux conseil et expertise méthodologique à la CME pour l’élaboration du programme d’actions d’amélioration de la qualité, il est important que le coordonnateur de la GDRAS ait la reconnaissance de la CME : depuis la mise en application du décret du 27 mai 2021, le coordonnateur de la gestion des risques associés aux soins fait partie de la CME, avec voix consultative.
Enfin, le coordonnateur de la gestion des risques associés aux soins doit également pouvoir alerter et éclairer directement le directeur général de toute problématique pouvant impacter la sécurité des patients.
Evoluer dans une dynamique d’équipe et de partage des compétences et s’appuyer sur les structures et organisations existantes
La fonction de coordonnateur de la GDRAS est relativement récente. De fait, sa fonction se « rajoute » a une organisation déjà existante, avec des compétences et des fonctionnements. Il est donc important lors de la prise de poste d’être au clair sur l’organigramme déjà existant et la place de chacun, de faire un état des lieux des compétences pour répartir les rôles et les missions, et de faire un état des lieux des structures et organisations existantes. Il est précisé dans les textes règlementaires que «il peut faire appel à des structures dont l’expertise est reconnue, interne ou externe à l’établissement » ; QualiREL Santé, désignée Structure Régionale d’Appui à la Qualité des Soins et la Sécurité des Patients en région fait partie de ces structures en Pays de la Loire.
Si le périmètre des missions du coordonnateur de la gestion des risques associés aux soins peut faire encore l’objet de débats aujourd’hui, c’est que sa prise de fonction s’inscrit toujours dans une organisation déjà existante, notamment dans un système de management de la qualité (voire de la sécurité) déjà structuré (avec des comités déjà existants par exemple).
Ainsi, il n’existe pas a priori de bon ou de mauvais modèles d’organisation, mais il est nécessaire de se caler sur l’existant pour répartir les rôles et responsabilités complémentaires pour assurer cette fonction de coordination de la gestion des risques cliniques au sein de l’établissement.
Quels sont les méthodes et outils déjà utilisés et maîtrisés en routine au sein de l’établissement (peut-on bâtir sur un existant, et si oui, lequel ?) ?
Quels sont les méthodes et outils que l’on pourrait utiliser rapidement compte tenu des problèmes à traiter, des compétences disponibles et de l’acceptabilité du terrain (temps disponible des acteurs à mobiliser, ressources, formations à effectuer) ?
Les professionnels devant s’approprier ces méthodes et outils sont-ils identifiés ?
Des savoir-faire reconnus, par exemple issus de la gestion des risques professionnels, transposables à la gestion des risques associés aux soins, sont-ils disponibles au sein de l’établissement ?
Le dispositif de gestion des risques associés aux soins est-il formalisé ? Est-il connu ?
Les structures et personnes ressources ont-elles une vision claire de leurs contributions respectives au dispositif ?
L’information en matière d’organisation de la gestion des risques associés aux soins est-elle disponible ?
Une sensibilisation des nouveaux arrivants (y compris des personnels intérimaires) est-elle mise en œuvre ?
Les groupes de travail chargés de chaque domaine de gestion des risques disposent-ils d’une feuille de route claire et des moyens nécessaires à leurs missions (compétences, temps, secrétariat, etc.) ?
Les professionnels concernés sont-ils formés pour l’utilisation des méthodes et outils retenus ?
Les indicateurs de risques retenus par chaque commission sont-ils validés et mis en œuvre ?
Des actions sont-elles engagées pour l’accompagnement des équipes au sein des unités de soins en matière de culture et de bonnes pratiques de sécurité ?
Les modalités de l’alerte interne sont-elles définies ?
La fiche 5 « Etat des lieux en gestion des risques (approche par domaine de risques) » permet de recenser tous les domaines de risques identifiés dans l’établissement, les personnes en charge, les objectifs, les informations attendues de façon à faciliter la communication et le travail en réseau (7). Elle a été travaillée en format Excel au sein de la COP et est téléchargeable en bas de page.
Avoir une position garantissant transversalité, indépendance et transparence
Il est également précisé dans les textes réglementaires que « son positionnement dans la structure est un enjeu important pour le succès de la démarche » ; « le coordonnateur de la gestion des risques associés aux soins est positionné de manière à ce que ses interfaces avec l’encadrement, les experts cités ci-après et l’ensemble des professionnels de santé soient optimisées ». L’indépendance et la transparence sont nécessaires pour la fonction d’alerte de l’instance de pilotage des risques sur les niveaux de risques jugés inacceptables.
La pluralité des conditions d’exercice de cette fonction de coordonnateur de la GDRAS a été soulignée par les membres de la COP. En effet, selon la taille de l’établissement, le coordonnateur peut être multi casquette et assurer aussi le management de la qualité de la prise en charge médicamenteuse et la lutte contre les infections nosocomiales (établissement de taille modérée), ou bien être confronté à la complexité de la communication dans les grosses structures.
Enfin, il a été souligné que la coordination de la GDRAS, ce n’était pas seulement la gestion des événements indésirables associés aux soins, et qu’il importait de sanctuariser du temps dans l’agenda pour d’autres projets.
Un point particulier de vigilance a porté sur l’identification de temps dédié, ou d’une volumétrie horaire définie, pour la fonction de coordination.
La Communauté de pratiques a élaboré le schéma suivant reprenant les points clefs concernant le rôle et la place du coordonnateur de la GDRAS :
Le guide HAS, dans sa partie 3 sur la fonction de coordination (7), précise le contexte règlementaire, les missions et les axes d’actions thématiques pour le coordonnateur de la gestion des risques associés aux soins. Il positionne ses missions en regard de celle de l’instance de pilotage, et précise les questions à se poser et les actions à mener. Sa lecture attentive est une aide précieuse lors de la prise de poste, ainsi que la réalisation de l’état des lieux en gestion des risques associés aux soins (A paraître). Les axes thématiques sont les suivants :
Obtenir un consensus pour le partage de méthodes et outils validés,
Définir le système d’information relatif à la gestion des risques associés aux soins,
Rendre lisible le dispositif de gestion des risques associés aux soins,
Organiser l’accompagnement des professionnels dans la mise en œuvre de la gestion des risques associés aux soins,
Tracer les éléments d’identification des risques et les actions d’amélioration menées,
Alerter l’instance de pilotage des risques sur des niveaux de risques jugés inacceptables.
Cette rubrique sera alimentée des retours d’expérience issus des résultats de l’enquête nationale Etat des lieux de la fonction de coordonnateur de la gestion des risques associés aux soins en établissement de santé.
L’essentiel de la culture de sécurité. [Internet]. Institut pour une culture de sécurité industrielle; 2017 [cité 31 juill 2023]. Disponible sur: https://www.icsi-eu.org/culture-securite
Michel P, Verheyde I, Chabloz C, Kret M. Dossier enquête : le coordonnateur de gestion des risques associés aux soins. Gestions hospitalières, décembre 2012 : 487-490.
Michel P, Verheyde I, Chabloz C, Kret M. Coordonnateurs de gestion des risques associés aux soins : résultats de l’enquête FORAP. Revue Hospitalière de France, Novembre-décembre 2012 : 72-75.
État des lieux en gestion des risques associés aux soins. À paraître.
Créé le 26 mars 2025, modifié le 23 février 2026
Résumé
Un rendez-vous dédié aux bonnes pratiques en matière de qualité et sécurité des personnes accompagnées …
Depuis 2022, QualiREL Santé propose une web série mensuelle afin d’accompagner les adhérents du secteur médico-social dans l’appropriation des attendus du « Référentiel d’évaluation de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux » de la Haute Autorité de Santé (HAS) ainsi que leur intégration dans une démarche d’amélioration continue de la qualité.
MQMS = 60 minutes = 1 thématique
= un décryptage, des retours d’expérience et des ressources à mobiliser !
Ces rencontres sont intégrées aux différents parcours que propose le programme d’activité de QualiREL Santé :
Encadrement médico-soignant : comment le soutenir et l’accompagner ?
Directeurs généraux, présidents de commission médicale d’établissement (CME), coordonnateurs généraux des soins : en tant que managers de haut niveau, vous jouez un rôle déterminant dans le développement d’une culture intégrée de la qualité des soins et de la sécurité des patients.
Si vous portez cette responsabilité au plus haut niveau de la gouvernance, votre stratégie se concrétise avec l’engagement quotidien des équipes de soins et de celles et ceux qui les accompagnent au plus près de leurs activités : l’encadrement médico-soignant.
À l’interface entre les orientations stratégiques, les équipes de soins, les patients et les organisations, le binôme médico-soignant occupe une place singulière. Sa connaissance du travail réel lui permet d’identifier les difficultés rencontrées par les équipes, les risques émergents, les besoins des patients mais aussi les réussites et les opportunités d’amélioration. Son rôle consiste ainsi à traduire la stratégie institutionnelle auprès des équipes et éclairer les décisions de la gouvernance à partir des réalités du terrain.
La littérature souligne l’intérêt d’un leadership partagé et distribué à tous les niveaux de l’établissement. Le leadership en qualité et sécurité des soins ne relève donc pas uniquement du management de haut niveau : il se construit dans une complémentarité entre gouvernance, encadrement médico-soignant et équipes.
Mais comment créer les conditions permettant au binôme médico-soignant d’exercer pleinement ce rôle ?
Cette troisième partie du guide EasyLEAD propose aux managers de haut niveau des points de repère autour de quatre leviers complémentaires :
1. Faire du binôme médico-soignant un allié de la stratégie institutionnelle.
Donner un cap clair, partager les priorités de l’établissement, organiser une circulation bidirectionnelle de l’information et permettre au binôme de relier concrètement la stratégie institutionnelle aux réalités de son service. Le projet de service est alors un véritable outil de dialogue entre stratégie et terrain.
2. Donner du pouvoir d’agir au binôme médico-soignant.
Le leadership de proximité ne repose pas uniquement sur les qualités individuelles des managers : l’organisation doit créer les conditions de son développement. Cela suppose de donner au binôme médico-soignant des marges de décision adaptées, du temps managérial, des moyens, l’accès aux données et à l’expertise ainsi que des possibilités de développement professionnel.
3. Identifier le binôme médico-soignant et clarifier ses missions.
Sa composition doit s’adapter à l’organisation de chaque établissement, tout en conservant un principe essentiel : associer une composante médicale et paramédicale. Sa légitimité repose moins sur une configuration unique que sur sa proximité avec les équipes, sa connaissance du terrain, sa capacité à fédérer et la reconnaissance explicite de son rôle par le management de haut niveau.
Le guide identifie notamment cinq grandes missions du binôme médico-soignant :
Donner du sens aux orientations institutionnelles ;
Mobiliser le collectif autour d’un projet partagé ;
Animer le dialogue autour du travail réel ;
Piloter l’amélioration continue et éclairer la gouvernance ;
Développer les compétences, le travail en équipe et le pouvoir d’agir.
4. Accompagner le développement de son leadership en qualité des soins et sécurité des patients.
Ce leadership se construit dans la durée. Il nécessite de développer des compétences en management par la qualité, facteurs humains et organisationnels, travail en équipe, compétences psychosociales, facilitation, gestion de projet et communication managériale. Il suppose également de savoir adapter sa posture aux situations : leader, manager, manager-coach ou facilitateur.
Un principe transversal : créer des espaces de discussion sur le travail
Au-delà de ces quatre leviers, un principe traverse l’ensemble du guide : créer des espaces de discussion autour du travail réel, à tous les niveaux de l’organisation.
Ces espaces doivent permettre le dialogue :
Au sein des équipes, pour partager les réussites et les difficultés, analyser collectivement les situations et construire des solutions adaptées au contexte ;
Entre les membres d’un même binôme médico-soignant, en préservant des temps réguliers de coordination pour partager les informations, croiser les regards, ajuster les priorités et construire une vision commune ;
Entre les binômes médico-soignants d’un même établissement, pour croiser les expériences, partager les pratiques et favoriser les apprentissages collectifs ;
Entre l’encadrement médico-soignant et le management de haut niveau, afin de faire remonter les réalités du terrain, mettre en discussion les priorités et éclairer les décisions stratégiques.
Ainsi, le dialogue autour du travail contribue à créer une circulation de l’information et des apprentissages dans les deux sens, du terrain vers la gouvernance et de la gouvernance vers le terrain. Ces espaces doivent être considérés comme de véritables temps de travail, et non comme des réunions supplémentaires.
« Le leadership de proximité ne se décrète pas : il se rend possible.
Faire du binôme médico-soignant un véritable allié de la stratégie qualité et sécurité des soins suppose de lui donner un cap, du pouvoir d’agir, un rôle clair et les moyens de développer ses compétences et ses postures de leadership. »
Afin d’accompagner le développement du leadership en qualité des soins et sécurité des patients du binôme médico-soignant différents outils d’évaluation peuvent être mis à leur disposition :
Pour aider le binôme médico-soignant à porter un regard réflexif sur son management par la qualité, le kit «Déployer la dynamique qualité et sécurité des soins au cœur des équipes » propose un outil d’auto-positionnement permettant d’apprécier le niveau de maturité de la dynamique qualité et sécurité des soins au sein du service.
Le questionnaire « Le leadership en qualité et sécurité des soins : où en êtes-vous ? », construit à partir des sept principes du leadership en sécurité développés par l’ICSI permet également de s’auto-positionner selon ces sept principes et d’évaluer son leadership en sécurité des soins.
La fiche pratique facilitation propose un auto-positionnement qui permet au binôme médico-soignant de se questionner sur leur aisance pour adopter cette posture et utiliser cette méthode lors d’animation d’espace d’échange sur le travail avec les équipes.
Les retours d’expérience des binômes médico-soignant engagés dans le parcours « Déployer une dynamique qualité et sécurité des soins au cœur des équipes »viendront progressivement enrichir cette rubrique. Ils permettront d’illustrer concrètement les leviers et pratiques qui font écho aux principes et ressources proposés dans le guide EasyLead – Partie 3.
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